Katana

Comment s'appelle le petit katana ? Wakizashi, tantō et les autres types de sabres japonais

Differents types de sabres japonais exposes sur un ratelier en bois

Le petit katana est le wakizashi, un sabre courbe dont la lame mesure entre 30 et 60 cm ; en dessous, c'est un tantō, un poignard. Le katana lui-même n'est qu'un des six types de lames de la forge japonaise, chacun défini par ses dimensions, son époque et sa façon de se porter. Ce guide les présente pour les reconnaître et comprendre leur rôle dans l'histoire du Japon.

Temps de lecture : 7 min

L'essentiel en 30 secondes

La forge japonaise classe ses lames par longueur et mode de port. Le wakizashi, le petit katana, mesure 30 à 60 cm ; le tantō descend sous 30 cm. Le katana (uchigatana) fait 60 à 73 cm et se porte dans la ceinture, tranchant vers le haut ; le tachi, son ancêtre, 70 à 80 cm, suspendu tranchant vers le bas. Le nodachi dépasse 90 cm, le kodachi reste sous 60. Le ninjatô à lame droite n'est attesté par aucune source avant le XXe siècle.

Comment s'appelle le petit katana ? Wakizashi, tantō, kodachi

Le petit katana s'appelle le wakizashi (脇差, « inséré sur le côté ») : un sabre courbe dont la lame mesure entre 30 et 60 cm, soit un à deux shaku, l'unité japonaise de 30,3 cm (Wikipédia, Wakizashi). Sous 30 cm, ce n'est plus un sabre mais un poignard, le tantō. Un sabre court porté suspendu, à l'ancienne, est un kodachi, le « petit tachi ».

Le nom dépend donc de deux choses : la longueur de la lame et la façon de porter l'arme. Le samouraï de l'époque Edo portait katana et wakizashi ensemble, la paire daishō, et gardait le wakizashi sur lui jusque dans les maisons, là où le grand sabre restait à l'entrée. Le tableau ci-dessous ne classe que les lames courtes ; les six types de sabres sont détaillés plus bas, avec un tableau récapitulatif complet.

Nom Longueur de lame Ce qui le distingue
Tantō (短刀) moins de 30 cm un poignard, pas un sabre ; sans garde, il prend le nom d'aiguchi
Kaiken (懐剣) plus court que le tantō dague de poche des femmes de la classe samouraï, glissée dans le kimono
Wakizashi (脇差) 30 à 60 cm le petit katana : compagnon du katana dans la paire daishō, porté dans la ceinture
Kodachi (小太刀) moins de 60 cm sabre court de l'époque Kamakura, antérieur au wakizashi, porté à la manière du tachi

Le katana (uchigatana) : le sabre emblématique du samouraï

Le katana, ou plus précisément l'uchigatana (打刀, "sabre qu'on frappe") : est la lame de référence de la tradition samouraï. Apparu progressivement durant la période Muromachi (1336-1573), il s'impose définitivement à l'époque Edo (1603-1868) comme l'arme principale des guerriers. Notre Katana Tanjiro Kamado s'inspire directement de cette silhouette classique.

Caractéristiques techniques du katana

Sa lame mesure entre 60 et 73 cm, légèrement incurvée, à tranchant unique. La courbure, appelée sori : est la plus prononcée au centre de la lame. Le katana se porte glissé dans la ceinture (obi), tranchant vers le haut, ce qui permet de dégainer et de frapper en un seul geste. C'est cette caractéristique qui le distingue fondamentalement du tachi qui le précède.

Le katana, arme et symbole de statut

À partir du XVIIe siècle, la paix relative de l'ère Edo transforme le katana en insigne social autant qu'en arme. Seuls les samouraïs ont le droit de le porter. En 1876, un édit impérial interdit définitivement le port du sabre en public, marquant la fin d'une tradition de plus de cinq siècles, de l'époque Muromachi à l'ère Meiji. Aujourd'hui, le katana continue de fasciner les amateurs d'histoire et de culture japonaise dans le monde entier.

Tachi sabre japonais long et courbe avec son fourreau laque sur un presentoir de musee

Le tachi : l'ancêtre du katana, conçu pour la cavalerie

Le tachi (太刀, "grand sabre") est l'ancêtre direct du katana. Fabriqué dès la période Heian (794-1185), il mesure environ 70 à 80 cm, soit 10 cm de plus que le katana, avec une courbure plus marquée et décentrée vers le premier tiers de la lame.

Sa différence principale avec le katana réside dans le port : le tachi se porte suspendu à la ceinture par deux cordons, tranchant vers le bas. Cette position était adaptée aux combats à cheval, où le cavalier armé d'un tachi pouvait frapper un adversaire au sol sans difficulté. Lorsque les combats se déplacèrent vers le pied, le tachi laissa progressivement la place à l'uchigatana, plus pratique pour un fantassin.

Pour les identifier : un tachi présente une signature du forgeron (mei) du côté extérieur de la lame, car c'est ainsi qu'il était porté.

Le wakizashi et le daishô : la paire réglementaire du samouraï

Le wakizashi (脇差, "sabre de côté") est le compagnon obligatoire du katana dans la tenue officielle du samouraï. Sa lame mesure entre 30 et 60 cm, ce qui le place dans la catégorie intermédiaire entre le tantô et le katana.

Le daishô, paire codifiée à l'époque Edo

Ensemble, le katana et le wakizashi forment le daishô (大小, littéralement "grand et petit"). Cette paire devient officiellement codifiée au XVIIe siècle sous le shogunat Tokugawa. Porter les deux sabres assortis est alors un privilège exclusif des samouraïs, et les édits somptuaires de l'époque Edo le réservent aux guerriers, en faisant un véritable insigne social. Les riches marchands pouvaient posséder un wakizashi seul, mais jamais la paire complète.

Usages spécifiques du wakizashi

En combat, le wakizashi servait en espace confiné, là où le katana ne pouvait pas être maniable. Il accompagnait également le rituel du seppuku (suicide rituel), pratique réservée aux samouraïs pour mourir avec honneur. À l'inverse du katana, le wakizashi ne quittait jamais le samouraï, même à l'intérieur d'une demeure.

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Daisho paire de katana et wakizashi japonais sur un support en bois katanakake

Le tantô : le poignard de la famille samouraï

Le tantô (短刀, "couteau court") est la plus courte des lames japonaises traditionnelles : sa lame mesure moins de 30 cm, soit moins d'un shaku (unité de mesure japonaise équivalant à environ 30,3 cm). Sa forme varie entre totalement droite et légèrement courbée. C'est la réponse quand on cherche le nom du plus petit sabre japonais : sous 30 cm, on ne dit plus wakizashi mais tantō.

Contrairement au katana, le tantô était porté par les femmes des familles de samouraïs, sous le nom de kaiken : dissimulé dans les plis du kimono. Les hommes l'utilisaient comme arme de corps-à-corps dans les situations où les lames longues devenaient inutilisables. Il existait deux types de montage : l'aiguchi, sans garde (tsuba), et le buke-zukuri, avec garde.

Tanto poignard japonais court avec lame et garde tsuba decoree sur tissu de soie

Le nodachi et le kodachi : les deux extrêmes du spectre

Le nodachi, sabre de champ de bataille

Le nodachi (野太刀, "grand sabre des champs") ou odachi est la lame la plus imposante de la tradition japonaise. Sa lame dépasse généralement 90 cm, et certains exemplaires historiques atteignent 120 à 150 cm. Son poids et sa longueur le rendent impossible à porter à la ceinture : il était transporté dans le dos ou porté à deux mains par un écuyer.

Conçu pour le combat en terrain ouvert, notamment contre la cavalerie, le nodachi nécessitait une technique particulière. Sa fabrication complexe et les compétences requises pour le manier en firent une arme réservée aux guerriers d'élite, principalement aux XIVe et XVe siècles.

Le kodachi, le "petit tachi"

À l'opposé, le kodachi (小太刀, "petit tachi") mesure moins de 60 cm. Son nom l'indique : c'est une version réduite du tachi, fabriquée depuis la période Kamakura (1185-1333). Plus fin et plus courbé que le wakizashi, il était utilisé comme arme principale par les civils à l'époque féodale, car le gouvernement limitait la possession des lames longues aux guerriers. Il n'était pas destiné au combat sur le champ de bataille mais plutôt aux cérémonies et à l'autodéfense urbaine.

Le ninjatô : entre légende et réalité historique

Le ninjatô (忍者刀) est probablement le type de sabre le plus controversé. Popularisé par les films et séries de fiction, il est décrit comme un sabre court à lame droite, mesurant moins de 60 cm, avec une garde carrée imposante.

Les historiens sont formels : aucun ninjatô n'est répertorié dans les collections de la NBTHK (Nihon Bijutsu Token Hozon Kyokai, la société de préservation des sabres japonais). La première mention documentée d'un sabre de ce type n'apparaît qu'en 1956, dans un ouvrage du praticien Heishichiro Okuse. Le musée Ninja d'Iga, ouvert en 1964, en présente des répliques modernes, non des pièces historiques.

La réalité des shinobi (agents secrets japonais) était bien moins spectaculaire que les représentations populaires : ils opéraient déguisés en paysans ou en marchands, et auraient probablement utilisé les mêmes armes que leurs contemporains, y compris des katanas ordinaires ou des tantô, plutôt qu'une lame reconnaissable à vue d'œil.

Nodachi grand sabre japonais extra-long expose dans un couloir de chateau traditionnel

Tableau récapitulatif des types de sabres japonais

Les longueurs indiquées sont celles de la lame seule (nagasa), mesurée du cran de la garde à la pointe, hors poignée : un katana complet dépasse donc le mètre avec sa tsuka.

Type Longueur de lame Époque principale Usage principal Port
Katana 60 – 73 cm Muromachi → Edo Arme principale, statut samouraï Ceinture, tranchant haut
Tachi 70 – 80 cm Heian → Muromachi Cavalerie Suspendu, tranchant bas
Wakizashi 30 – 60 cm Edo (codification) Arme secondaire, daishô Ceinture, tranchant haut
Tantô Moins de 30 cm Toutes époques Corps-à-corps, femmes samouraïs Ceinture ou dissimulé
Nodachi 90 cm et plus XIVe – XVe siècles Champ de bataille ouvert Dans le dos ou par écuyer
Kodachi Moins de 60 cm Kamakura → Edo Civils, cérémonies Ceinture
Ninjatô Moins de 60 cm Contesté (XXe s.) Fiction / reconstitution Variable

Comment reconnaître chaque type de sabre japonais

Quatre critères permettent d'identifier un type de sabre au premier regard :

  • La longueur de la lame est le critère premier : les lames japonaises sont classifiées en catégories (daito pour les lames longues de plus de 60 cm, shoto pour les lames courtes de 30 à 60 cm, tanto pour moins de 30 cm).
  • La courbure et son emplacement : une courbure forte décentrée vers la base indique un tachi, tandis qu'une courbure modérée centrée est caractéristique du katana.
  • La méthode de port : sur les représentations historiques, un sabre porté suspendu tranchant vers le bas est un tachi ; porté glissé dans la ceinture tranchant vers le haut, c'est un katana ou un wakizashi.
  • La garde (tsuba) : un tantô sans garde est un aiguchi, une garde carrée imposante évoque le ninjatô.

À l'achat, un dernier repère : les répliques vendues sous le nom « mini katana » (40 cm environ) ne correspondent à aucun format historique. Nos sabres en bambou, comme le Katana Décoratif en Bambou, reprennent la longueur du katana, 102 cm fourreau compris, pas celle du wakizashi.

Katana décoratif en bambou dégainé sur son support en bois, lame rouge

Pour aller plus loin sur l'histoire et la fabrication des sabres japonais, consultez notre guide complet du katana japonais.

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Questions fréquentes sur le petit katana et les types de sabres japonais

Comment appelle-t-on un petit sabre japonais ?

Un petit sabre japonais s'appelle un wakizashi quand sa lame mesure entre 30 et 60 cm, et un tantō en dessous de 30 cm : c'est alors un poignard. Le kodachi est un sabre court de moins de 60 cm porté suspendu, comme un tachi. Le kaiken, plus court encore, est la dague de poche des femmes samouraïs.

Quel est un autre nom pour le katana ?

Le terme précis est uchigatana (打刀), le « sabre qu'on frappe », par opposition au tachi qui se suspend. Les Japonais emploient aussi nihontō (日本刀), « sabre japonais », pour l'ensemble des lames traditionnelles, et daitō (大刀), « grand sabre », pour distinguer le katana du wakizashi dans la paire daishō.

Le ninjatô a-t-il vraiment existé ?

Les historiens spécialisés dans les sabres japonais sont quasi unanimes : aucune preuve d'un sabre de type ninjatô n'est documentée avant le XXe siècle. Aucun exemplaire n'est répertorié par la NBTHK, l'autorité de référence pour la préservation des sabres japonais. Le ninjatô tel qu'on le représente aujourd'hui est une construction largement fictive, popularisée par le cinéma japonais des années 1960-1980.

Quelle différence entre un tachi et un katana ?

Le tachi est plus long (70-80 cm), plus courbé, et se portait suspendu tranchant vers le bas, adapté à la cavalerie. Le katana, plus court (60-73 cm), se glissait dans la ceinture tranchant vers le haut, idéal pour le combat à pied. Sur une pièce, la signature du forgeron côté extérieur indique un tachi ; côté intérieur, un katana.

Quelle est la différence entre un katana et un wakizashi ?

La différence principale est la longueur : le katana mesure entre 60 et 73 cm de lame, le wakizashi entre 30 et 60 cm. Les deux formaient le daishō, la paire réglementaire du samouraï. Le katana servait au combat en extérieur, le wakizashi restait l'arme d'intérieur, utilisée en dernier recours ou pour le seppuku rituel.

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